Nong Khiaw
Laos

Nong Khiaw et Muang Ngoi

09/02/2019 – Nong Khiaw

Cinq jours après notre arrivée au Laos, nous quittons Luang Prabang pour aller vers le nord. Direction le village de Nong Khiaw. Apparemment le coin n’est pas mal et souvent cité dans les lieux à voir dans la région. Bien évidemment, cela se sait, et c’est donc un bus local entier de touristes qui part de Luang Prabang ce jour-là. Nous qui voulions un peu plus de calme et moins de touristes c’est pas encore ça…😄… mais ce n’est pas grave. Il paraît que certains points de vue sont sublimes mais difficilement accessibles. Ce qui devrait en dissuader pas mal 😂😋.

Une demi journée suffit pour rejoindre le village depuis Luang Prabang. La première impression est particulièrement bonne. On se sent vraiment bien ici. Le village, coupé par la rivière Nam Ou, dégage une certaine sérénité. Et les montagnes qui l’ entourent donnent l’impression d’être isolé du monde… ce qui n’est pas sans nous déplaire 😀 !

Comme dans beaucoup de villages laotiens les guesthouses et restaurants pullulent. On trouve rapidement notre guesthouse qui s’avérera être une super occasion (voir dans les bonnes adresses)… d’autant plus qu’elle est située à deux pas d’un restaurant indien ! Ce qui a évidemment beaucoup plus à Steph 😉. Bon ceci dit, l’objectif en partant de Luang Prabang est de bouger plus et de cesser le farniente. Le programme de ces 4 jours est vite mis en place : petite rando vers un splendide point de vue au-dessus de Nong Khiaw et ballade dans les villages autour de Muang Ngoi, à une heure de bateau de Nong Khiaw.

Dans le bus de Nong Khiaw
Dans le bus de Nong Khiaw
Rives village Nong Khiaw
Rives du village de Nong Khiaw
FIllette corde à sauter
Fillette jouant à la corde à sauter dans la rue

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Lever de soleil à Phadeng Peak – Nong Khiaw

Le réveil sonne à 4h00 ce matin là. Nous enfilons rapidement nos affaires et descendons la rue qui mène au départ de l’ascension. Frontales indispensables car il fait encore nuit noire. Nous apercevons devant nous quelques points lumineux. Certainement d’autres lève-tôt venus assister au lever du soleil. Peut-être s’agit-il du couple de Lyonnais que nous avons rencontré la veille (au fameux restaurant indien 😀) et avec qui nous avions rendez-vous pour faire l’ascension ensemble. Bon comme d’habitude nous sommes en retard 😄… En arrivant au départ du sentier, seul un laotien nous attend pour faire payer le droit de passage de 20000 kips par personne. On découvre ainsi que le moindre sentier de randonnée est payant au Laos …. Mais il paraît que ça en vaut le coup. Puis, ça ne nous déplaît pas d’enfiler les chaussures de randos pour grimper un peu.

On attaque le début de la montée. Le sentier est bien tracé mais assez escarpé. Même à cette heure-ci la chaleur se fait vite sentir sous le couvert des arbres. C’est amusant cette ambiance de nuit en forêt. Nous n’entendons que nos respirations et les fourmis qui œuvrent déjà en file indienne dans un apaisant silence. Après une courte pause pour reprendre notre souffle et faire tomber quelques couches de vêtements, nous retrouvons nos petits français un peu plus haut. Nous ferons le reste du chemin ensemble. Après une heure d’ascension les arbres commencent peu à peu à se dégager pour laisser place au sommet. Il était temps ! On est en sueur mais heureux d’y être enfin. Et à l’heure s’il vous plait !!! Le ciel commence juste à s’éclaircir à l’approche du soleil.😀

Comme prévu, nous ne sommes pas seul au sommet. Mais il n’y a pas foule non plus et tout le monde attend dans un calme religieux que les premiers rayons passent au-dessus des montagnes. En arrivant à la petite cabane aménagée au sommet, la vue se dévoile enfin à 360 degrés. On est au-dessus des arbres et le panorama est magnifique. Une mer de nuages a envahi tout l’espace autour de nous en laissant seulement les plus hautes crêtes de montagne pointer leur nez. La couleur orangée du ciel en fond ajoute de la magie au fabuleux spectacle.

Sommet Phadeng Peak
En attente du lever de soleil au sommet de Phadeng Peak

« Ok ça valait le coup de se lever ce matin ! » dis-je à Steph qui a eu un peu de mal à me faire sortir du lit ce matin là 😂… mais il faut vraiment reconnaître que ça en valait la peine. On sent vraiment une atmosphère très spéciale ce jour-là. Et pourtant ce n’est pas le premier lever de soleil que l’on voit en montagne ! Mais peut-être est-ce le silence dans lequel tout le monde est plongé avec en fond le chant des oiseaux exotiques qui donnait cette atmosphère si particulière. Chacun se respectait et on sentait cette communion avec les montagnes.

Au bout d’une vingtaine de minutes on sent une légère agitation dans les rangs. Les appareils photos et téléphones sont sortis de leur étuis. Tout le monde se prépare. Ça y est ! Les premiers rayons passent la crête ! Tout juste le temps de tirer quelques photos et voici le disque éclatant du soleil face à nous. A coté de nous, une française lâche quelques larmes devant ce splendide lever de soleil. On apprendra plus tard qu’elle est venue au Laos après avoir perdu son emploi. Une façon de se retrouver en quelque sorte. Nul doute que ce lever de soleil aura eu pour elle une saveur bien particulière.

On profite encore quelques instants de la beauté des lieux avant d’entamer la descente. Une bonne demie heure après, nous voici en bas. La journée commence juste et pourtant nous avons déjà l’impression qu’elle est réussie ! 😀… cependant on espère que ce n’est que le début. Il nous faut désormais prendre le bateau pour rejoindre le village de Muang Ngoi, seul moyen d’y accéder.

Lever de soleil
Lever de soleil
Association Laurette Fuguain
Toujours aux côtés de l’asso Laurette Fugain

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Muang Ngoi et les villages alentours

Une heure de bateau, c’est ce qu’il faut pour rejoindre Muang Ngoi depuis Nong Khiaw. Les pêcheurs du coin se sont reconvertis en bateliers pour assurer la liaison quotidienne entre les deux villages. Après nous avoir entassé dans des barques avec nos sacs à dos, le moteur démarre. Il semble faire plus de bruit qu’il n’est efficace mais bon l’important est de ne pas tomber en panne 😀. La traversée se fera malgré tout sans encombre et lorsque nous remettons pied à terre, c’est sur le ponton du village de Muang Ngoi.

Bateau sur la Nam Ou
Batelier sur la Nam Ou

Le village est sympa et la quasi-absence de véhicule motorisé est appréciable. Ça reste malgré tout un village exclusivement pour touristes. Il n’y a qu’une rue principale en terre. De chaque côté, on dénombre une foule de guesthouses et de restaurants. Si on ne cherche pas plus loin que le bout de son nez, on reste vite sur sa faim. Mais parait-il que les villages alentours sont très authentiques. Nous prévoyons donc la journée du lendemain pour faire la rando à pied qui permet de relier les différents villages.

Nous partons tôt pour éviter la chaleur… enfin tôt c’est ce que nous avions prévu mais ce sera finalement 9h. L’itinéraire qui va jusqu’aux villages reculés emprunte une large piste en terre. L’ombre est rare et la chaleur étouffante mais nous avons ce qu’il faut en eau. Les paysages se dévoilent peu à peu en s’éloignant de Muang Ngoi. En cette saison, tout est très sec. Les rizières sont en friches en attendant le retour des pluies. La piste serpente un moment entre les montagnes karstiques que l’on retrouve un peu partout dans le nord du Laos et plus largement dans toute l’Asie. Au bout de quelques kilomètres seulement un nouveau péage barre l’accès. On s’allège de quelques kips en espérant que l’argent ira aux communautés alentours tels qu’annoncé sur l’écriteau. Nous en profitons pour visiter la grotte qui jouxte le « péage ». Cette grotte, à première vue banale, a sauvé des vies durant la guerre du Laos qui n’est pas si loin. Les habitants s’y réfugiaient pour échapper au largage de bombes.

Peu de maisons sur le chemin. Nous croisons seulement quelques cabanes traditionnelles en bambou au milieu des champs. Ces dernières semblent abandonnées, à moins qu’elles ne soient utilisées qu’en période de mise en culture des champs. Nous sommes impressionnés de l’utilisation du bambou depuis notre arrivée à Muang Ngoi. Ce matériau solide et prolifique est utilisé à toutes les sauces dans ces contrées où les habitants manquent de moyens. Cet aspect est compensé par leur ingéniosité et leur débrouillardise.

A mi-chemin, nous tombons sur un couple de toulousains (des gens bien quoi 😁) encore tout émoustillés d’avoir rencontré un serpent au passage du gué que nous venons de franchir. Pieds nus dans l’eau, le serpent leur est passé entre les jambes sans broncher. Une petite anecdote qui ne manque pas de rappeler à Steph sa phobie pour les serpents.

Une petite demie heure après nous arrivons au village de Ban Na. Nous retrouvons ainsi nos toulousains autour d’un verre en attendant que les heures les plus chaudes passent.

Rizière laos
Quelques rizières malgré la sécheresse

Le village possède une école et un terrain de pétanque. On ne comprend pas trop la logique, certains enfants semblent être en cours de danse, pendant que d’autre font un peu ce qu’ils veulent. C’est un peu la pagaille…Tout en étant très attendrissant. Surtout lorsque les enfants nous repèrent et sortent par les fenêtres pour nous montrer leur talent à la pétanque. C’est un sport très répandu ici et c’est assez drôle de les voir jouer. Un peu plus loin d ailleurs, nous assisterons à une partie sérieuse entre une équipe de jeunes français contre des laotiens chevronnés. Entre les rires et la musique, la bière coule à flot. On nous invite à prendre part aux festivités mais nous devons rentrer car la nuit tombe déjà.

Dans l’ensemble, on sent que le village est assez pauvre et les gens font avec ce qu’ils ont sous la main. Mais toujours, ils font au mieux pour nous recevoir avec le sourire, et donner ce qu’ils ont de mieux.

Dans le second village dans lequel nous nous rendons à quelques kilomètres de Ban Na, nous verrons même les habitants se laver dans la rue avec l’eau du puits. On ne se sent pas vraiment à l’aise en fait en venant à Huay Sen. D’un côté fascinés par le charme d’antan et admiratifs de leur capacité à vivre malgré des moyens limités, nous sentons que notre place n’est pas ici. Et le fait que les gens nous ignorent complètement ne fait que renforcer ce sentiment. En même temps, nous trouvons assez malsain que les guides touristiques incitent à partir à la découverte de ces villages reculés. C’est certes très authentique mais cela à un petit air d’attraction pour riches touristes occidentaux qui vont découvrir la pauvreté et la misère comme l’on irait au zoo. Heureusement ce n’est pas non plus une foule de touristes qui se précipite chaque jour dans ces villages. Mais suffisamment malgré tout pour faire naître ce mépris des occidentaux que l’on ressent ce jour là dans ce village.

Comme dans chaque village reculé croisé au Laos, Huay Sen a tout de même son école, sa guesthouse et un chemin qui permet d’y parvenir. Nous notons des constructions en cours en béton, aux travers des maisons en bambous sur pilotis qui manquent de s’effondrer. Tout est fait à la main. Les escabeaux et les échafaudages sont en bambous. Les adolescents travaillent avec les adultes alors que les femmes sont souvent regroupées à attendre. Les enfants jouent avec des cailloux ou avec les animaux de la basse cours – comme souvent, tous vivent ensemble, sous le même toit. Ne nous trompons pas, nous ne décrivons pas un portait noir – tous semblent s’accommoder de ce mode de vie et il est fort à parier que dans les années à venir, le tourisme se développe également dans ces villages reculés. Ce qui augmentera sans doute le niveau de vie des habitants de Huay Sen, comme des autres villages aux alentours.

Il se fait tard et nous n’aurons pas la possibilité d’aller jusqu’au troisième village. Nous regagnons donc Muang Ngoi où nous passerons la nuit avant de repartir le lendemain pour Nong Khiaw.

Enfants Ban Na
Enfants de l’école de Ban Na
Maison pilotis
Maison sur pilotis à Huay Sen

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