Indonésie

Le kawa Ijen et le célèbre Bromo

Les mineurs du kawa Ijen

Notre séjour sur Bali terminé, nous voici désormais sur l’île de Java, le poumon économique de l’Indonésie. Un court passage en ferry nous permet de faire la liaison jusqu’à Banyuwangi, où nous attend Johan, notre hôte de l’auberge Green Ijen. La ville est le point de départ pour le volcan Kawa Ijen, connu par les touristes pour ses flammes bleues au et par les mineurs indonésiens pour le soufre qu’il dégage. Partout dans la ville nous voyons des références au volcan. Et pourtant, à l’inverse de Bali, cette ville ne respire pas le tourisme et garde un côté très authentique. A vrai dire, à peine un pied posé sur le sol de Java, que l’on sent que le développement économique de l’île ne tourne pas uniquement au tourisme à l’inverse de nombre d’îles Indonésienne. Le pays est une puissance émergente et c’est bien sur Java que tout se joue.

Mais si nous sommes venus ici c’est pour monter l’Ijen ! Et il nous tarde d’enfiler enfin les chaussures de randonnée ! Bon, même si nous savons très bien que cette ascension n’est pas la rando de l’année, ça va faire du bien de grimper un peu 😁. Cependant les fumées en haut du volcan obligent le port d’un masque à gaz. Difficile dans ces conditions de faire l’ascension librement et il nous faut donc recourir au fameux package «location masque à gaz + guide» proposé par toutes les agences de la ville. Seulement nous, nous avons super Johan pour ça ! 😁 En plus de l’hébergement, notre hôte propose ses propres sorties et pour des prix très intéressants qui plus est. Avec la qualité en prime ! On ne peut donc que recommander les services de l’auberge Green Ijen et de Johan son propriétaire.

Boui-boui Banyuwangi
Dîner dans un restau de rue à Banyuwangi

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Le réveil est mis à minuit, pour une départ au milieu de la nuit. Eh oui, pour voir des flammes bleues, l’obscurité de la nuit est idéale. 😉 Nous récupérons notre guide, Bary, sur le chemin et aux alentours de 2h du matin, nous démarrons l’ascension. Sur le départ, nous croisons beaucoup de touristes armés comme nous de lampes torches et masques à gaz dans le sac à dos. Le chemin est large et particulièrement bien tracé. Même si certaines portions sont assez raides, il n’y a aucune difficulté réelle et on se dit que l’on aurait aussi bien pu le monter nous même sans guide. Mais bon cela fait tourner l’économie locale 😉.

Plus nous montons et plus nous croisons de mineurs. Certains occupés à redescendre des brouettes entières chargées de soufre. D’autres, à attendre patiemment les clients asiatiques pour les monter en haut sur leur brouette en échange de quelques roupies.

Pour le coup, si nous réussissons à voir quelques flammes bleues, le kawa Ijen nous laisse entrevoir une autre réalité du pays. En descendant dans la gueule immense de son cratère fumant, nous croisons nombre de mineurs venu ramasser du soufre pour certains grands noms de l’industrie chimique. Les conditions de travail sont horribles. La fumée qui se dégage en permanence du cratère vous brûle rapidement les poumons et irrite les yeux. Nous enfilons nos masques à gaz pour respirer convenablement alors que la plupart des mineurs portent un simple mouchoir devant le nez. Protection si dérisoire. Les mineurs remontent inlassablement le cratère toute la nuit, chargé de 80 kilos de soufre sur l’épaule. Le soufre est ensuite revendu 5cts de dollars du kilo pour tous ceux qui le ramène en bas ! Un prix ridicule et indécent pour un boulot si pénible. Derrière les présentoirs de cosmétiques, d’engrais ou même de sucre se cache une bien triste réalité trop souvent cachée au consommateur.

Kawa Ijen
Les masques à gaz sont de sortie dans le cratère !
Flammes bleues Kawa Ijen
Les flammes bleues qui surgissent au sommet du Kawa Ijen
Mineurs kawa Ijen
Mineurs du Kawa Ijen

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Notre guide Bary est un ancien mineur reconverti et embauché par le propriétaire de notre Homestay pour amener les touristes à la découverte des flammes bleues, si particulières à ce volcan. Une belle amitié s’est liée entre les deux hommes et l’accroissement du tourisme sur l’Ijen a pu faire naître ce partenariat. Le contraste entre les touristes et les mineurs est saisissant. Et nous ne cessons de nous demander à ce moment ce que doit en penser Bary, lui qui a vu cette évolution après plus de 30 ans de travail à la mine. Qu’en penser nous même ?

La visite se conclue par un splendide levé de soleil sur le volcan alors que les derniers mineurs descendent leur cargaison au pied du volcan. Les touristes leur emboîtent le pas quelques heures après, avant que le volcan ne retrouve sa quiétude… jusqu’à la prochaine nuit.

De notre côté, nous retrouvons notre homestay pour récupérer quelques heures de sommeil supplémentaires 😁 ! Le temps de rattraper ce décalage et nous voici à nouveau dans les transports pour rejoindre le Bromo désormais. Et cette fois place au train pour découvrir la belle campagne indonésienne, où les volcans semblent pousser comme des champignons !😉

Kawa Ijen
Notre guide Bary ancien mineur reconverti

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Le Bromo : une notoriété qui laisse à desirer

Le train nous laisse à la gare de Probbolingo, une ville située à quelques dizaines de kilomètres du volcan Bromo. Le point d’entrée incontournable pour accéder au volcan. Il nous faut désormais trouver un moyen de transport pour accéder au village de Cemoro Lawang, qui sert de camp de base pour les excursions sur le Bromo.

Première mauvaise nouvelle, les taxis ne sortent pas de la ville. On se renseigne donc auprès d’une auberge de jeunesse qui propose des navettes mais cela s’avère hors de prix et nous arrivons trop tard pour espérer en avoir une aujourd’hui. On nous conseille alors une agence qui propose également ce genre de service mais en nous prévenant qu’il faut prendre les bus «bleus» de la station locale située plus loin dans la ville. Nous faisons alors un détour par l’office de tourisme, même discours… Bon ça à l’air très galère pour aller à ce volcan… mais en même temps c’est l’Indonésie, les transports sont compliqués là-bas, nous étions prévenus. Bizarre cependant qu’il y ait aussi peu de solutions pour atteindre le volcan le plus célèbre d’Indonésie.

Train indonésie
C’est en train que nous rejoignons Probbolingo

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Nous décidons de traiter avec l’agence de voyage qui nous propose des tarifs raisonnables pour nous amener à Cemoro Lawang et s’occuper du transport jusqu’à Yogyjakarta le lendemain. Nous prévoyons ainsi de ne faire qu’une nuit à Cemoro Lawang. Le Bromo étant encore en éruption, l’accès en est restreint. Nous pourrons donc uniquement accéder au belvédère qui domine la vallée du Bromo et pour cela une journée suffit amplement.

Un des fameux minibus bleus vient nous récupérer à l’agence pour nous amener jusqu’à la station de bus de Probbolingo. On nous arrête là en nous expliquant que le bus ne partira pas tant qu’il ne sera pas plein. Pratique assez courante, ce n’est pas la première fois que nous y sommes confronté. Mais là ce qui nous inquiète plus, c’est que nous avons vu très peu de touristes en ville… nous patientons en espérant que d’autres arrivent rapidement et nous en profitons pour manger. Mais au bout de deux heures d’attente, toujours personne. Steph parvient à rappeler l’agence qui s’était engagé de nous amener au Bromo. Le gars nous envoie alors sa propre navette pour nous amener.

C’est à ce moment que deux autres touristes néerlandais arrivent ! Cela fait deux jours qu’ils essaient de se rendre au Bromo et eux aussi ont testé les fameux bus bleus sans succès. Notre navette est là. Et fort logiquement, ils demandent au chauffeur (celui de l’agence) s’ils peuvent se joindre à nous. Ce dernier refuse catégoriquement. Après dix minutes de débats infructueux le chauffeur nous fait comprendre que sa vie serait en danger s’il les prenait. Notre cas étant différent car nous sommes ses clients.

Le couple de néerlandais reprend sa route bredouille et désemparé. Mais quelques centaines de mètres plus loin, notre navette s’arrête à leur hauteur et les invite à monter. On reste perplexe face à cette situation, mais les visiteurs nous éclairent sur la situation. Eux qui tournent depuis deux jours pour trouver un transport ont largement eu le temps de comprendre ce qui se tramait sur Probbolingo.

Les fameux bus bleus que tout le monde nous recommande sont détenus par la mafia locale qui fait régner sa loi sur les agences, les auberges et les institutions de la ville. Les touristes sont attirés vers la station de bus même si c’est derniers ne partent jamais. Et les taxis ou agence ont interdiction formelle de récupérer les touristes autour de la station de bus. Dans notre cas, c’était visiblement différent sachant que nous étions clients d’une agence… mais enfin bref, difficile de passer au travers de cette arnaque en se rendant au Bromo. Et toutes les personnes que nous rencontrerons ensuite y ont eu droit aussi. :/

Autant dire qu’à notre arrivée à Cemoro Lawang, le plaisir était quelque peu gâché. Enfin nous y sommes et malgré tout, à entendre les autres touristes, nous ne nous en sommes pas trop mal sortis.

Cemoro Lawang
Voiture couverte de cendres à Cemoro Lawang

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Le village est entièrement recouvert par les cendres du volcan qui ne cessent de tomber. Une suie noire recouvre tout ici et confère une atmosphère de fin du monde l’ensemble. La nuit commence déjà à emprisonner les lieux de son étreinte sombre. Les dernières lumières de jour recouvre la vallée du Bromo alors qu’une large colonne de fumée s’échappe de la gueule béante du cratère. Nous assistons au spectacle depuis le promontoire offert par le village de Cemoro Lawang.

Mais nous ne tarderons pas plus ce soir. Le réveil sonne à deux heures le lendemain pour assister au lever de soleil sur le Bromo depuis le belvédère de «King Kong Hill». Nous prenons un repas rapide en compagnie d’autres voyageurs dans un petit restaurant du village. Une agréable soirée qui nous fera un peu oublier les péripéties de la journée et au cours de laquelle nous échangeons sur nos souvenirs de voyage respectifs.

Le lendemain, il fait encore bien sombre lorsque nous enfilons les chaussures de rando. Il faut deux heures pour rejoindre le plus haut point de vue de King Kong Hill. La piste est très facile et aménagée sur une grande partie du chemin. Jeep, bus et mules nous doublent à un rythme effréné alors que nous grimpons. A voir tout ce manège, nous nous inquiétons pas mal de ce que nous allons trouver là-haut. En arrivant au premier point de vue, on constate que tous les véhicules s’arrêtent ici et déchargent des foules de chinois. Le point de vue est bien aménagé mais se trouve déjà envahis. Peu de place pour assister au spectacle. Nous choisissons de continuer notre chemin jusqu’au prochain belvédère. A notre grande joie, la piste goudronnée laisse place à un petit sentier particulièrement raide sur les premiers mètres. Une barrière naturelle contre les foules de chinois que nous apprécions particulièrement. 😊 Le sentier serpente un moment avant d’arriver au second point de vue beaucoup moins envahis. Une heure à attendre avant le lever du soleil. Nous nous installons tranquillement sur le bord en attendant que les premiers rayons de soleil percent l’obscurité de la nuit.

Cemoro Lawang
Le village de Cemoro Lawang en contrebas
Bromo
Le premier point de vue s’est complètement vidé !
Bromo
Pose devant le Bromo !

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La vallée se dévoile petit à petit avant que les rayons ne finissent par baigner l’ensemble de belles lueurs orangées. Tout le monde s’agite alors pour immortaliser l’instant. Des centaines de photos sont tirées, et le belvédère se vide peu à peu. En quelques minutes nous nous retrouvons seuls… à cet instant nous réussissons vraiment à profiter des lieux. Le calme revenu, nous contemplons le Bromo qui laisse échapper ses nuages de fumées et baigne le village de Cemoro Lawang dans une sorte de brouillard permanent. Nous redescendons finalement sur le village, sans croiser personne. Le premier point de vue est absolument vide, ce qui contraste nettement avec la foule qui s’y amoncelait encore quelques heures avant.

Retour mouvementé sur Yogyjakarta

Il est temps de quitter le village et la navette de l’agence vient nous récupérer à l’auberge. Un bus doit ensuite nous transporter de Probbolingo à Yogyjakarta. Le trajet est assez long et doit durer 5h. Mais à notre grand déplaisir la navette nous laisse devant un hôtel en nous expliquant qu’un bus viendra nous récupérer dans 3h. Voilà que le manège recommence !! On refuse catégoriquement et on oblige le chauffeur à nous ramener à l’agence. Le ton monte une fois là-bas et les débats deviennent plus que houleux. Ce n’est clairement pas ce qu’on nous a vendu et l’agence nous propose finalement une alternative voyant que la situation commence à dégénérer. Nous acceptons leur proposition, pressés de quitter cette ville. Deux minutes après nous voici dans un bus et sans payer un centime de plus. Comme quoi quand ils veulent ! 😡😠… pour une fois le bus est à peu près confortable et nous conduit rapidement jusqu’à Surabaya. Une liaison nous attend là-bas et nous attrapons notre deuxième bus sans trop d’effort.

Cependant ce second trajet sera un véritable supplice. Pendant 5h, le bus file à plus de 100km/h sur une route bondée, réalisant de brusques embardées et doublant à tout vas. Plusieurs fois, la collision avec un camion venant de face s’évite de peu. Et à voir l’inquiétude des passagers indonésiens qui sont pourtant habitués aux transports locaux, on comprend qu’on à raison d’avoir peur. Ce trajet est un véritable cauchemar.

Par on ne sait quel miracle, nous arrivons tant bien que mal à Yogyjakarta. Il est 1h du matin quand nous rejoignons notre auberge de jeunesse dans le centre ville. Le quartier semble calme et sûr. Ce qui sera appréciable pour récupérer de ces deux derniers jours qui nous ont complément vidés et démotivés. L’auberge est fermée mais le personnel nous a laissé un message à l’entrée avec tout le nécessaire pour prendre possession des lieux. Nous faisons un petit tour du bâtiment et nous nous sentons immédiatement chez nous. Enfin une bonne surprise ! 😀 Nous retrouvons notre chambre avant de tomber de fatigue sur le lit. La nuit sera longue pour récupérer de toutes ces émotions…

Snooze
Content de poser les affaires en arrivant à l’auberge Snooze de Yogyjakarta

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Un commentaire

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    Chantal/Alain Tridot

    Bonjour les globes trotteurs, comment allez vous ? Vous devez être au canada maintenant. On vous embrasse, en attendant de vos nouvelles. Grosses bises à vous deux.

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