Thakhek loop
Laos

La boucle de Thakhek à vélo

THAKHEK – Do the loop!

Nous avons longtemps hésité entre aller faire la fameuse boucle de Thakhek ou filer dans le sud vers les 4000 iles. Les 4000 iles sont réputées comme étant très reposantes. Il n’y aurait pas grand-chose à faire si ce n’est du hamac ou la fête selon l’île choisie. Et franchement, nous saturons un peu d’être inactifs. Je sais c’est horrible de dire ça pendant que des gens sont au boulot toute la journée.😁 Mais comme nous le disons dans les articles précédents, on se voit mal faire du farniente pendant 10 mois. On a besoin de bouger ! Ce sera donc la boucle de Thakhek pour cette deuxième semaine au Laos.

La boucle est un grand classique de la région à faire en moto semi automatique. Beaucoup de touristes viennent ici juste pour faire cette fameuse boucle de quelques centaines de kilomètres. Cet itinéraire permet de découvrir les montagnes karstiques autour de Thakhek et de nombreuses grottes sur le chemin, dont la plus connue la grotte de Konglor, qui sera le point d’arrivée de notre itinéraire.

Nous arrivons donc à Thakhek le jeudi 14/02 après 23h interminables de bus. Les bus au Laos, c’est une catastrophe! Outre les horaires qui sont plus qu’approximatifs, les chauffeurs ont la fâcheuse tendance à s’arrêter prendre le moindre pelé qui attend avec un sac de riz sur le bord de la route. Qu’importe que le bus soit complet, ils font du surbooking. Des petits tabourets en plastique sont spécialement prévus pour s’asseoir dans l’allée centrale quand il n’y a plus de place. Les bus deviennent ainsi de vraies voitures balais prêtes à ramasser tout et n’importe qui sur le bord de la route. Même les scooters en pannes finissent dans la soute! 🙂

Bref, après une journée consacrée à traverser la moitié du pays, nous voici à Thakhek. C’est une grosse ville, bien plus grande que Luang Prabang il semblerait. Et bien moins touristique. En dehors des quelques guesthouses remplies de bikers, peu de touristes dans la ville. Thakhek est assez authentique, très vivante et on y trouve de tout.

Une fois n’est pas coutume, nous dénichons rapidement une auberge sur un gros coup de chance. Un couple vient juste d’appeler pour annuler alors que l’auberge était complète. T’en mieux ce sera donc pour nous 😉 ! Et quelle chance! L’auberge Bike and bed est un vrai coup de cœur et le gars qui tient ça est prêt à tout pour nous aider et nous conseiller. Encore fatigués par notre voyage en bus, nous prévoyons de passer la journée du lendemain à Thakhek histoire d’étudier cette fameuse boucle et surtout trouver des vélos… car oui nous projetons de la faire à vélos et non pas en motos. On vous avait dit qu’on avait envie de bouger 😀!

Sleeping bus thakhek
Sleeping bus
Bus thakhek
Récupération après 23h de bus

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Le parcours du combattant: la location de vélo à Thakhek

Faire la boucle à vélo c’est bien. Mais encore faut-il trouver des vélos. Et pour ça, on peut compter sur notre hôte du jour Danu Onkaew qui est toujours prêt à aider… Nous nous étions renseignés sur les réseaux sociaux pour savoir où trouver des VTT sur Thakhek. Non seulement, nous n’aurons pas de réponses mais en plus de nombreux voyageurs l’ayant réalisée nous déconseille de la faire en vélo. Apparemment trop dangereux et trop difficile du fait des dénivelés. Nous trouverons tout de même deux blogs de couples qui ont tenté l’expérience. Cela nous suffit à nous dire que si eux l’ont fait, pourquoi pas nous 😊.

En revanche, eux étaient des voyageurs au long cours partis de France à vélo avec des engins adaptés aux longues distances et au tout terrain. En local, il nous est conseillé de prendre des vtt pour les parties de pistes.

Fort de ces conseils, nous demandons quelques bonnes adresses à Danu pour louer des VTT. Première surprise… pas de location de VTT sur Thakhek. Il parvient tout de même à nous livrer une adresse: celle d’un restaurant qui ferait visiblement location de vélos. Pour ne pas perdre de temps, nous décidons de nous y rendre le soir même de notre arrivée. Bon, il est 20h à ce moment-là, mais c’est un restau, ça devrait être ouvert. Après un bon kilomètre de marche dans la ville, nous voici devant l’enseigne. Nous rentrons pour demander à louer des «mountain bikes». On s’adresse aux serveuses puisqu’il s’agit d’un restau 😊. Incompréhension de la part de ces dernières qui, comme d’habitude, quand elles ne comprennent pas, nous ferons un signe négatif de la tête. On insiste un peu. Verdict : pas de vélos à louer ici. On balaye les lieux du regard et effectivement on ne voit aucun vélo. Grosse déception. On repart bredouille mais pas abattus. Il nous reste la journée de demain pour trouver des vélos. Bizarre quand même, Danu n’était pas le seul à nous avoir donné cette adresse pour louer des vtt…

On se lève le lendemain avec toujours ce petit doute dans la tête. Après avoir avalé notre tasse de café du matin, nous décidons de revenir à ce fameux restaurant. Surtout que Danu a été très étonné de nous voir rentrer bredouille la veille.

Bike and Bed
Danu, sa salariée et son chien Marmelade la mascotte de « Bike and Bed »

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Nous revoilà donc devant une serveuse du restaurant, qui comprend quelques mots d’anglais cette fois. Nous redemandons des «mountain bikes» et surprise, la serveuse acquiesce. On se regarde, croyant à une mauvaise blague. Elle nous amène dans la maison d’à côté où une dizaine de vélos sont stationnés dans le salon. On ne risquait pas de les voir hier ! On repère quelques VTT. Trop bien ! Ils n’ont pas l’air mal en plus 😊.

La serveuse nous propose de les essayer et notre enthousiasme retombe vite. Les vélos n’ont pas de freins. On tergiverse quelques minutes. Ne sachant plus trop quoi faire. Après ce que l’on avait vu sur la difficulté du parcours, partir sans freins nous parait particulièrement dangereux. Finalement, à regret, nous décidons de ne pas prendre les vélos.

Sortons le plan B : pourquoi ne pas en acheter ? Allez, on essaie! On sait que certains voyageurs y arrivent et les revendent avant de quitter le pays.

En sortant du restaurant, on tombe sur l’office de tourisme. Là encore, on nous déconseille de faire la boucle. Surtout qu’il nous explique que les loueurs de vélos ont tous quitté la ville à défaut d’avoir des clients. Tous le monde fait la boucle à moto. Et les voyageurs qui la tentent à vélo ont leur propre équipement.

Comme des enfants, plus on nous dit que ce n’est pas possible … et plus on s’entête 😊. On se dirige vers quelques adresses de vendeurs de cycles que nous avions repérés en venant. On essaie tant bien que mal de se faire comprendre pour expliquer que l’on souhaite acheter des vélos. Mais Thakhek n’est vraiment pas touristique. Et en dehors des auberges et loueurs de motos, personne ne parle anglais. Et quand les laotiens ne comprennent pas, la réponse est simple : c’est un non catégorique ! On insiste mais rien à faire. Non, non et non ! Il ne veut rien savoir, il ne nous les vendra pas !

On tente deux autres adresses. Idem. A peine a-t-on ouvert la bouche et c’est un non en retour … mais toujours avec le sourire – il ne s’agit pas là de méchanceté et souvent, les Laotiens sont bien gênés et confus de ne pas comprendre notre langage. Voilà pourquoi il y a tant d’offres de volontariat pour donner des cours d’Anglais aux enfants. Dans un pays où se développe peu à peu le tourisme, il deviendra important pour les villes aux attraits touristiques de développer l’apprentissage de l’anglais.

Nos plans semblent contrariés et notre projet de faire «The loop» s’efface peu à peu. Sur tout le trajet du retour, nous commençons à envisager de nous rendre dans les 4000 îles pour passer notre dernière semaine au Laos. Après tout, ce petit bout de paradis est plat et il semble qu’on puisse y louer des vélos très facilement. Puis, il y a les dauphins d’eau douce … bref, on se convainc que ce plan B n’est pas si mal tout compte fait 😊.

On retourne à nouveau à l’auberge, désabusés de ne pas avoir trouvé de vélos mais avec l’intention de réserver nos billets de bus pour Paksé pour partir dès le lendemain matin. Danu s’empresse de savoir si on a enfin ces fichus vélos. On lui raconte alors notre matinée. Perplexe, il essaie de nous remonter le moral. Il faut dire que c’est un grand sportif (chose rare au Laos) et qu’il adore le cyclisme. Il nous soutient dans notre projet fou de faire la boucle à vélos. Hors de question pour lui que nous ne la fassions pas ! Il aimerait d’ailleurs tellement venir avec nous. Il insiste sur le fait que ses vélos sont suffisants pour faire la boucle. De simples vélos de ville à 6 vitesses (dont seules trois fonctionnent) et un freinage des plus sommaires.

Je revois Yo se tourner vers moi et me dire «Hey! Ça pourrait être une chouette anecdote si on y arrivait avec ces vélos». L’idée de ce nouveau défi «impossible» nous rebooste ! De toute façon, nous n’avons pas d’autre solution. En plus, il nous fournit tout le matériel de réparation dont une super (grande) pompe à pied pour gonfler les vélos. Et il nous propose son assistance via What’s Ap au cas où nous serions embêtés! Nous nous sentons tels des coureurs du tour de France prêts à débuter leur parcours 😊.

vélos thakhek
Nos fidèles compagnons de route

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Le grand départ est donc donné le lendemain matin. Nous prévoyons 4 jours pour aller jusqu’à notre objectif : La Konglor Cave.

De Thakhek à Naikai – 80 km – 1 journée

C’est un peu stressés que l’on se lève le lendemain. Au vu des péripéties de la veille, nous nous demandons encore si c’est opportun de partir avec des bicyclettes laotiennes. Avant de se lancer nous refaisons un point sur l’itinéraire avec Danu et nous quittons notre hôte pour entamer la première étape. Toujours dans le doute, je lui dis «Peut-être que tu nous verras de retour ce soir … ». Ce à quoi, optimiste, il me répond: «Non, je suis persuadé que je ne vous reverrai que dans 5 jours! Bon trip !»

Je passe sur notre tentative d’acheter des casques le matin même du départ (pourtant avec une traduction en Laotiens du matériel nécessaire). Vous connaissez déjà la réponse des laotiens 😉…

Nous quittons rapidement la ville pour nous retrouver sur une large route, très plate, en direction des montagnes karstiques au loin. Nous voilà lancé à toute allure (au moins 12 km/h) sur l’asphalte. Les camions nous doublent régulièrement mais la largeur de la route ne nous donne pas l’impression d’être en danger. Surtout qu’en Asie, on conduit au klaxon! Alors avant chaque dépassement, c’est un coup de trompette qui nous prévient.

Pédaler à nouveau nous donne vraiment une bonne bouffée d’air frais. Dès les premiers kilomètres on retrouve le goût de l’effort et la liberté que nous procure le vélo. Les paysages défilent plus lentement, la découverte du pays est plus profonde. Nous nous sentons déjà portés par las acclamations des laotiens sur le bord du chemin, peu habitués à voir des cyclistes entamés la boucle. En vélo, nous réussissons à capter leur sourire, leurs regards.

Road Nakai
Sur la route vers Nakai

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Pendant ce temps, les scooters nous doublent à toute allure, pressés de rejoindre la prochaine cave où ils pourront boire un jus de fruit ou se baigner. Loin d’être une critique, on ressent vraiment une différence dans l’approche du voyage, qui, si elle peut correspondre à certains voyageurs, ne nous satisfait pas. Aussi les premiers kilomètres nous confortent dans notre choix du vélo.

Une heure seulement après le départ, nous arrivons à la cave que nous a conseillé de visiter Danu. Un petit sentier y mène depuis le bord de la route. En arrivant à la cave, nous sommes seuls. La grotte est particulièrement grande sans être impressionnante. On entend les cris des oiseaux ou des chauves-souris en fond. Un ruisseau qui semble s’écouler du fond empêche de s’avancer plus en avant. Plus tard, nous apprendrons que ce ruisseau mène à une autre grotte, réputée pour ses spots d’escalade.

Xieng Cave
Xieng Cave

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La pendule tourne et la chaleur commence à se faire ressentir. Vers midi nous sommes dans les temps. Un peu plus de 40 kilomètres réalisés. Il en reste autant. On choisit de faire une pause dans un petit boui-boui sur notre route. En fait, on s’arrête surtout car on vient d’apercevoir un couple à vélo. Tient tient seraient-ils en train de faire la boucle eux aussi ? 😊 Ils nous aperçoivent et nous font un signe. Des français. On s’assoit avec eux boire un Pepsi et discuter un peu.

On comprend vite que l’on est des amateurs à côté d’eux… Benoit et Laura ont plus de 16 OOO kilomètres au compteur. Leur objectif est de rejoindre le Japon à vélo depuis la France. Après un an de vélo, les voilà au Laos, pour faire une partie de la boucle avant de passer au Vietnam. Encore 8 mois pour eux avant d’atteindre leur objectif. Une super rencontre qui nous aura permis d’échanger sur le voyage à vélo et surtout comme dit Benoit «de ne jamais écouter les gens qui ne font pas de vélo» :P. Laura et Benoit ont un esprit de voyage qui nous correspond bien. Et une philosophie de vie qui semble clairement ressembler à la nôtre. Cet amour de la vie simple.

Nous repartons ensemble vers Nakai où ils ont également prévu de passer la nuit. On prend un vent dès les premiers coups de pédale… Notre Laura qui se dit ‘pas sportive’ me double en moins de temps qu’il ne faut pour le dire 🙂 . Mais pas grave on y arrivera aussi!

Un peu plus loin nous quittons la route principale. La chaleur est toujours plus pesante et on s’aperçoit que certaines zones de peaux ont pris une couleur légèrement écarlate… Ouïe ça sent le coup de soleil! Allez un peu de crème (même si c’est trop tard) et on continue. Plusieurs pauses se suivront pour se mettre à l’ombre et se réhydrater avant de se retrouver au pied de la cote de Nakai. Une dizaine de kilomètres et nous y sommes. Mais avant il faut passer cette maudite montée de 500m de dénivelés positifs. Rien de bien méchant non plus. Sauf qu’après 77km, 37 °C et les vélos de ville, nous mettons pied à terre au bout de 50 mètres. Et même en montant à pied la chaleur est insoutenable. Il nous tarde vraiment d’arriver et nous prenons notre mal en patience.

Lorsque nous atteignons le sommet, nous sommes trop heureux de pouvoir filer vers Nakai en roue libre avec nos vélos grinçants. On ne sait pas trop à ce moment s’ils supporteront une étape de plus mais pour le moment nous souhaitons juste prendre une bonne douche et un bon repas. Nous rejoignons ainsi l’hôtel que nous avons réservé pour passer la nuit.

Nakai côte
Arrivée à Nakai après une belle côte

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De Nakai à LaK Sao – 75 km – 1 journée

L’étape du lendemain est scindée en deux. Sur les bons conseils de Danu, nous prévoyons d’aller jusqu’à Thalang à vélo (23km) et de pousser jusqu’à Lak Sao (52 km) en bus. Apparemment la seconde partie présente peu d’intérêt et il y aurait une piste en terre de 20 Km… pas top pour nos vélos de ville.

A 10h00 nous sommes à Thalang. Le bus doit arriver à 11h. Nous en profitons pour prendre notre café matinal dans une Guesthouse très mignonne qui jouxte la route. Très vite, nous sommes rejoins par Benoit et Laura qui avaient prévu de passer la nuit ici. De notre côté, nous ne pouvons nous permettre de perdre du temps. Ce soir, il faut être à Lak Sao. Nous hésitons malgré tout à poursuivre à vélo – Benoît nous dit que la route a été refaite et qu’à priori c’est bien praticable. Ils sont plus expérimentés que nous et ont souvent de bons tuyaux 🙂 .

Le bus arrive. Enfin plutôt un tùk tùk plein à craquer. Il ne reste plus de place sur le toit pour prendre les vélos. Nous le laissons passer sans même vouloir l’arrêter. Le choix est fait de continuer à vélo. Nous laissons donc Laura et Benoit prendre leurs marques au camping et nous filons vers Lak Sao.

Benoit et Laura
Retrouvailles avec Benoit et Laura à Thalang

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Le temps devient de plus en plus menaçant. Mais à part une petite averse, nous passerons majoritairement entre les gouttes. Cependant, nous sommes heureux d’avoir continué à vélo. Cette partie de route que l’on nous avait annoncé peu intéressante, s’avéra être une des parties les plus plaisantes. Avec peu de circulation et les paysages sous la pluie qui prennent de toutes autres couleurs, le voyage est réellement agréable.

La descente vers la plaine se fera sur les freins (ou ce qu’il en reste !). La route étant devenue une vraie patinoire avec la pluie. Encore une dizaine de kilomètres et nous voici à Lak Sao. Finalement, le vélo était bien la meilleure option. Nous aurons vraiment apprécié cette journée et dommage que l’on n’ai pas eu assez de temps pour accepter les demandes de laotiens pour s’arrêter boire un coup avec eux ! Une prochaine fois sûrement.

Virages Thalang
Les virages s’enchainent jusqu’à Thalang
Thalang Lac
Arbres morts envahis par les eaux

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Lak Sao est une grande ville dans laquelle nous nous sentons mal à l’aise. Nous rejoignons vite notre guesthouse que nous ne quitterons plus de la soirée. Nous sommes les seuls clients de l’hôtel et lorsque nous rejoignons le restaurant attenant pour dîner, nous nous sentons bien seuls. On s’amuse toutefois du karaoké que les serveuses ont lancé en attendant le chaland. Cela nous permets d’apprendre que comme toutes les jeunes filles, leurs idoles sont des occidentales de l’autre bout du monde, fort dévêtues et qui dominent la gente masculine dans chaque clip qui passe. Bien loin de la réalité Laotienne pudique.

De LaK Sao à Ban Nahin – 66 km – 1 journée

C’est donc avec beaucoup d’entrain que nous débutons la troisième journée de vélo le lendemain. Quitter la ville de Lak Sao fut un des grands soulagements de cette étape. Et ce fut d’ailleurs un des seuls. L’étape longue de 66 kilomètres se trouve être sans intérêt et assez dangereuse pour le coup. La route est étroite et très fréquentée par les camions. Nous prendrons tout de même le temps de nous arrêter à la Dragon Cave, une jolie grotte sur le chemin. Nous atteignons le village de Ban Nahin en début d’après-midi, après une superbe descente de 8 kilomètres qui aura fini d’achever les freins de Steph XD.

L’ambiance de Ban Nahin où nous dormons ce soir là rattrapera la journée que nous venons de passer. Le village est charmant. Nous arrivons à la sortie de l’école et c’est amusant de sentir les jeunes enfants nous courir après simplement pour nous parler en anglais 🙂 Nous logerons dans une auberge de grande qualité, pour un prix dérisoire. Chambre, service et restaurant au top ! (voir les bons plans ici) De quoi nous revigorer avant la dernière journée de vélo.

Arrivée Nahin
3eme étape bouclée avec l’arrivée à Nahin !
Cheese bread
Après l’effort le réconfort (cheese bread) … miam miam

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De Ban Nahin à Konglor et visite de la Konglor Cave – 43 km aller – 1/2 journée

Cette dernière journée restera certainement comme le meilleur souvenir passé au Laos !

La route longue d’une quarantaine de kilomètres, permet de relier Ban Nahin à Konglor. Et quelle route ! Cette dernière est tout simplement magnifique ! Peu de trafic, aucun dénivelé, et des paysages sublimes. Bien que tout soit cramé par la sécheresse, on se croirait en pleine savane. Les libellules envahissent l’espace autour de nous. De vrais nuages qu’il nous faut chaque fois traverser.

En fin de matinée, nous voici à Konglor, terminus de notre périple à vélo. Les vélos ont tenu le coup et nous aussi ! C’est tout heureux d’être arrivés jusqu’ici à la force de la pédale que nous nous dirigeons vers l’entrée de Konglor Cave.

Nahin Road
Route de Nahin à Konglor
Rizieres
Quelques rizières dans les endroits irrigués

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En arrivant au site, des bateliers nous accueille avec des gilets de sauvetage. On reste un peu dubitatifs. Ça semble être extrêmement touristique et à ce moment-là on se demande si ça en vaut vraiment la peine. On suit notre batelier pour rejoindre l’entrée de la cave. Lorsque l’on pénètre dedans, on entend au loin les moteurs des nombreux bateaux qui sont déjà présents. Tout ce que l’on voit ce sont les lumières des lampes frontales dans l’obscurité de la grotte. Celle-ci à l’air immense mais à ce moment-là nous sommes encore loin de nous imaginer à quel point. Après avoir vidé notre embarcation de plusieurs litres d’eau (chose peu rassurante:/), nous sommes placés par deux dans les bateaux.

Le moteur démarre et nous voici lancé dans un voyage au centre de la terre. Une rivière peu profonde a creusé cette grotte gigantesque. Nos petites frontales ont peine à éclairer l’immensité de celle-ci. Le bateau s’arrête pour un court passage à pied. Nous découvrons alors un décor de stalagmites et stalactites somptueusement éclairé. Mais nous revoilà déjà dans notre bateau pour repartir vers les entrailles de la terre 😊.

Il semble que la traversée n’en finit plus. La grotte ne semble pas avoir de fin. Et ce n’est qu’au bout de 7.5 km que nous apercevons la lueur du jour. D’abord maigre filet de lumière, c’est une clarté nouvelle qui nous enveloppe au détour du dernier virage. L’instant est magique. Une impression d’arriver dans un autre monde ! Le centre de la terre est splendide les amis !!:D

Lorsque nous sortons de cette grotte nous en prenons plein les yeux. La rivière continue son chemin entre les montagnes karstiques, inarrêtables. Sur les rives, la végétation pousse abondamment. Dans l’eau, les buffles prennent une baignade rafraîchissante.

Notre batelier nous laisse un peu plus loin pour rejoindre Nathane Village à pieds. On retrouve les autres bateaux que nous avions totalement oublié dans l’obscurité face à la magie du spectacle. Le retour se fera avec le même émerveillement. Et lorsque nous quittons le bateau et nos gilets de sauvetage, la première envie est de recommencer l’expérience. Nos doutes sur cette visite se sont totalement effacés et nous avons simplement adoré ce moment. Est-ce que la Konglor Cave vaut le coup de s’y arrêter ? Oui assurément !! Qui plus est pour 65 000 kips par personne (soit 6,50 €).

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Déjà très enthousiastes à la sortie de cette visite, nous ne nous attendions pas à vivre un autre bon moment. Le hasard fait parfois bien les choses puisqu’en attendant (plus de 2h30) le Tuk Tuk qui devait nous ramener à Ban Nahin, nous avons eu la chance de rencontrer des femmes de Khammouane. Les villages de cette région du centre du Laos se réunissent pour mettre en avant l’artisanat local et leur savoir faire. A Konglor, le groupement de femmes profite de la présence des touristes pour présenter leur tissage. Le but de cette promotion est d’apporter une aide financière aux minorités ethniques. Rapidement, elles nous accaparent et nous habillent de leur production. Dans les rires et la bonne humeur, nous finissons avec sceau en bambou et turban sur la tête, prêts à aller travailler avec elles dans les champs. Leurs tissages sont magnifiques et étonnamment très modernes pour certaines pièces. Nous ne pouvons rien acheter du fait de notre backpack déjà très lourd. Aussi, avec plaisir, nous leur glissons un billet pour soutenir leur cause. Reconnaissantes, elles se réuniront pour nous confectionner en moins de temps qu’il ne faut pour le dire deux bracelets en laine blanche. Elles nous le poseront en récitant une prière. Moment touchant tout autant que solennel.

Femme Kouamane
Séquence habillage
Femmes Kouamane
Bénédiction faite !

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Le soir nous retrouverons l’auberge de Nahin, pour un bon repas qui viendra conclure cette fabuleuse journée. La dernière portion de la boucle est une autoroute que même les motards évitent. En général, ces derniers préfèrent repartir en sens inverse pour rejoindre Thakhek. Pour nous qui sommes à vélo, le chemin est un peu long et nous n’avons pas ce temps-là. Nous prenons donc un Tùk Tùk le lendemain pour rejoindre Thakhek.

Danu est très content de nous revoir (ou peut-être était-il simplement content de revoir ses vélos 😀 ). Nous le remercions bien entendu pour toute l’aide qu’il nous a apporté pour faire cette petite escapade. Sans lui, nous ne serions certainement pas parvenus à la faire. Et quel dommage, car cela reste la très bonne expérience vécue au Laos. Aujourd’hui nous pouvons clairement dire que la boucle de Thakhek est largement faisable à vélo. Les VTT ne sont pas obligatoires car il y a très très peu de partie de piste (quelques kilomètres éparpillés par ci par là sur la fin). Mais de bons vélos restent indispensables pour plus de confort et de sécurité.

Nous profitons ainsi d’une journée supplémentaire à l’auberge Bike and Bed avant de prendre notre bus de nuit, le lendemain soir, pour rejoindre Paksé au sud du pays.

7 commentaires

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    Tridot Alain, Chantal

    Bonjour Stéphanie, Yohan
    Un fabuleux début de voyage ! Une belle péripétie en vélo, même à l’autre bout du monde, vous croisez des compatriotes 😉.En vous lisant, on a l’impression que les octctonnes sont content de voir des étrangers(et non des touristes) s’arrêter et discuter avec eux. Vos photos sont toujours aussi jolies et un vrai plaisir de lire vos commentaires . En attendant de lire vos prochaines aventures, on vous embrasse. Chantal et Alain

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    André

    Bonsoir
    Je viens de découvrir sur le site qu’i N’ya Pas que des photos.
    Le reportage est super bien écrit une fois commencé je n’a Pas pu m’arrêter De lire
    Superbes aventures ça a l’air facile quand on lit mais vous avez du en chier quand même !!!🤤
    C’est super 👍
    Bises à vous deux
    Oncle André

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    BRIGITTE LALOT

    BONJOUR LES JEUNES – BRAVO POUR CE COMMENTAIRE – VOUS N’AUREZ PLUS QU’A FAIRE UN LIVRE A VOTRE RETOUR – Je suis étonnée ils n’ont pas de vélo à rétropédalage ? ? C’est ce que nous avons utilisé aux Marquises ; au départ pas facile mais on s’habitue rapidement – Continuez a nous faire rêver – GROSSES BISES

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    Alain, Chantal

    Bonjour les aventuriers 😉! !!!On espère que tout va bien pour vous, on n’ a plus de nouvelles depuis le début mars. Je regarde tous mes jours et je m’inquiète un peu. Un petit coucou nous réconforterait. On pense à vous , on vous embrasse là où vous etes.
    Les toulousains 😆

    • Yo

      Yo

      Hey Hey !! on fait un peu les faignants mais on met la carte à jour au moins XD … reste plus qu’à rattraper le retard d’un mois sur les articles ! 😉
      Nous aussi on a pensé à vous en buvant les cafés vietnamiens ! Un délice !
      Merci de vos nombreux messages !
      A +

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    Watchers

    Super articles, j adore! Petite question: on prepare nous aussi notre voyage au Laos, et malheureusement on n aura pas vraiment le temps de faire les deux boucles (Thakhek et Plateau du Bolovan). Laquelle conseilleriez-vous le plus? Merci!!

    • Yo

      Yo

      Salut ! merci pour ce message 😉 !

      Nous n’avons fait que la boucle de Thakhek donc difficile de donner des conseils sur la boucle des Bolovens. Les deux sont très sympas. La boucle de Thakhek a beaucoup de grottes dont certaines très belles (la Konglor Cave vaut le détour). Sur la boucle des Bolovens, ce sont les cascades qui sont à voir.
      Dans notre cas nous étions à Thakhek en saison sèche et on nous a dit que c’était moins beau qu’en saison des pluies. Mais j’imagine que c’est pareil pour des cascades qui doivent être moins importantes…:D
      Le sud du Laos est plus plat de manière générale. Donc je pense que les paysages de Thakhek présentent plus de montagnes que celui des Bolovens (à confirmer).

      Voilà désolé de ne pas pouvoir en dire plus sur les Bolovens. Par contre petit conseil pour la location des motorbikes : mieux vaut s’y prendre à l’avance car on a croisé pas mal de gens qui ont perdu du temps au départ et qui n’arrivaient pas à avoir de motos (trop de demandes et les dernières étaient à 3 fois le prix).

      En espérant avoir aidé un peu 😉 !!
      Yohan et Steph

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